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 Le jour où...

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AuteurMessage
Makkuro Shana
~♥~ Casse-croûte de Shiki! ~♥~



Pièce d'identité
Âge de jeu: 20 ans
Orientation sexuelle + Uke ou Seme: Hétérosexuelle + Uke
Situation sentimentale: Nan mais tu me vois tomber amoureuse ?

MessageSujet: Le jour où...   Mer 18 Nov - 20:18

Un coup. Un corps qui va valser quelques mètres plus loin.
C’est une fillette, aux longs cheveux noirs, en bataille ce jour là. Elle porte un grossier tissu sombre et un pantalon gris foncé déchiré au niveau des genoux. Son souffle est rauque et rapide. Très rapide. Elle est étendue sur le sol, le buste légèrement relevé, maintenu sur les coudes. Sa chevelure lui tombe sur le visage. Elle contracte ses muscles d’enfant pour se mettre à quatre pattes, puis redresse la tête, plantant son regard sombre et froid sur une personne qui la regarde de haut. Une personne grande, à la silhouette finement dessinée. Au visage ovale, mais ferme. Des cheveux châtain foncé tombent, raides et courts, sur ses épaules musclées et couturées de cicatrices, plus ou moins profondes, plus ou moins récentes. Elle regarde avec des yeux bleus, froids, le petit corps qui tremble sur le sol.
Sa mère…
Lève toi ! C’est pas en restant comme ça que tu vas rester en vie.
Une phrase dure. Un ordre implacable. Le visage de la fillette se tord en une horrible grimace lorsque qu’elle fait l’effort de se remettre sur ses jambes. Malgré son visage enfantin, on devine les souffrances qu’elle a pût endurer. Malgré sa fine bouche, ses traits bien dessinés, ses yeux dénoncent tout ce que son corps ne montre pas. Un démon dans un corps d’ange. Elle regarde sa mère sans ciller. Ses muscles sont tendus à leur maximum. Toute son attention est tournée vers cette femme, en face d’elle.
Sans crier gare, la femme en question fait un bond en avant. La fillette a juste le temps de se pousser sur le côté, en profitant pour percuter violemment le mur, pour ne pas se recevoir un autre coup. Rapidement, la femme fait demi-tour et fonce à nouveau sur la gamine. Celle-ci se baisse, évite un poing destructeur, et envoi son propre coup dans le ventre de sa mère. Ce ventre qui l’a porté. Ce ventre qui l’a vu naître. Ce ventre d’où elle vient. C’est dur pour la jeune fille de faire ça. Mais elle sait pertinemment que si elle ne s’exécute pas, ce sera d’autres tueurs qui le feront. L’exécuter. Sa propre mère, dure, froide, impitoyable, mais qui sait très bien que si elle n’enseigne pas l’art de survivre à sa fille, celle-ci ne vivra pas. Alors la gamine se bat. Contre celle qui l’a mise au monde. Contre cette vie qui l’empêche de grandir comme une enfant « normale ». Contre ce monde qui l’oblige à être ce qu’elle est maintenant.
Le coup est parti. Le poing file à une vitesse folle sur ce corps qui fonce sur elle. La gamine s’attend à un impacte. Elle ferme les yeux. Elle ne veut pas voir. Sa main refermée sur elle-même percute quelque chose violemment. C’est mou, mais c’est trop dur pour être un ventre. Elle rouvre les yeux pour voir son petit poing bloqué par la main de sa mère. Elle n’a pas le temps de se redresser qu’elle se sent propulsée de l’autre côté de la salle. Elle atterrie lourdement sur le plancher en bois, qui grince sous son poids. Elle roule sur deux mètres avant de se stopper, le souffle coupé. Un grand sentiment d’impuissance s’empare peu à peu d’elle. Elle reste étendue sur le sol, cassée par la douleur. Sans qu’elle le veuille, une larme roule le long de sa joue. Le liquide chaud et salé trace un sillon clair sur la crasse et la poussière qui recouvre son visage. La fillette refoule un sanglot et empêche du mieux qu’elle peut d’autres larmes de couler. Si sa mère la voit comme ça, elle est bonne pour s’en prendre une autre. Alors elle reste face contre terre, en espérant que son cœur va vite cesser de battre aussi rapidement, empêchant sa respiration de retrouver un rythme normal.
Les lattes de bois du parquet grincent. Des pas se rapprochent, produisant un bruit sourd qui se répercute sur toute la surface du corps étendu par terre. La gamine ferme très fort les yeux. Elle sait qu’elle va se prendre un autre coup. Parce qu’elle ne s’est pas relevée. Le problème, c’est qu’elle en est en ce moment incapable. Ses muscles sont si endoloris et fatigués qu’elle ne peut même plus les bouger. Alors elle entend, en silence, ce que va lui infliger sa mère pour ne pas s’être relevée.
Les pas s’arrêtent juste devant elle, mais à sa grande surprise, aucune douleur ne suis. Alors elle rouvre les yeux, lève la tête, et voit sa mère, debout devant elle, la regardant silencieusement, sans qu’aucune ombre d’un sentiment quelconque vienne éclairer son visage. C’est juste avec un regard neutre qu’elle a posé ses yeux sur elle, cette gamine de 10 ans qui n’est même plus capable de se relever. La femme s’accroupi lentement. Son visage n’est plus qu’à quelques centimètres du sien. Elle regarde droit dans les yeux cette fillette tremblante de douleur et d’épuisement. Un fin sourire s’étire sur ses lèvres minces. Elle murmure calmement, sans précipitation, et en prenant bien le temps d’articuler chaque mot.
C’est bien. Maintenant, va te reposer.
Toujours aussi silencieusement, elle se lève, tourne le dos à la gamine et sort de la pièce en prenant bien soin de fermer la porte. La fillette pousse un soupire de soulagement et laisse ses muscles se détendre, restant allongée sur le sol. Elle ne pensait pas que sa mère l’aurait laissé se reposer aussi facilement. Mais elle n’allait pas se plaindre, loin de là. Et elle a dit que c’était bien. Elle, sa mère, l’avait félicité, même si la gamine ne voyait pas ce qu’il y avait à approuver dans ce qu’elle avait fait aujourd’hui. Après tout, elle avait été envoyée au tapis plusieurs fois dans la journée, et elle n’avait même pas pu porter un seul coup à son adversaire. Mais si elle a dit que c’était bien, alors la gamine ne la contrarierait pas. Elle est sa mère après tout, son modèle.
Lentement, très lentement, elle se ramasse sur elle même, et s’appuie sur le mur le plus proche pour se relever. Chaque mouvement lui arrache une grimace de douleur, mais pas plus. Elle ne se plaindra pas, elle ne gémira pas, elle criera pas. Pour la simple et bonne raison que ça mère ne le ferait pas, elle. Alors elle se lève et avance sans se plaindre vers la porte de la salle. Là, elle l’ouvre doucement, faisant grincer les gons. Elle s’engage en boitillant dans un couloir étroit, couvert de crasse et fissuré à certains endroits. Elle passe devant deux portes, puis s’arrête devant la troisième, pose sa main couverte de bleus sur la poignée et l’abaisse. Comme précédemment, la porte grince en s’ouvrant. La pièce sur laquelle elle s’ouvre est moyennement grande. Les murs sont gris, et le sol n’est fait de planches de bois non poncées, recouverts d’une fine couche de poussière. Un matelas est posé sur le sol. Les couvertures de laine, plus noires que blanches, sont roulées en boule. A part ça, un seul meuble trône dans la salle. Un vulgaire placard en bois, dans lequel sont rangé les quelques affaires de la gamine, soient les quelques tissus grossièrement taillés qui lui servent de vêtements. La fillette se déplace difficilement jusqu’au semblant de lit pour s’effondrer épuisée dessus. Elle ferme quasiment instantanément les yeux, sans prendre la peine de se recouvrir des couvertures, et sombre dans un profond sommeil.
C’est si agréable de se sentir bien au chaud sous les couvertures, de ne plus penser à rien, et de rester à ne rien faire dans un bon matelas. Hum… Deux minutes ! Sous les couettes ? Shana ouvre précipitamment les yeux. Oui elle est sur son matelas. Oui elle était entrain de dormir. Et oui, elle est sous ses couvertures. Pourtant, elle ne se rappelle pas les avoir mises. Bizarre… La gamine se redresse lentement sur sa couche. Ses muscles sont toujours endoloris, mais ils lui font moins mal que ce matin. Un gargouillement de ventre lui fait savoir que son estomac est toujours là et qu’il a faim. Alors elle se lève en se tenant au mur pour ne pas tomber. De nombreux bleus recouvrent ses épaules, ses bras, son dos, mais elle s’en fiche éperdument. Ce ne sont que des bleus. Ils partiront un jour ou l’autre.
Comme lorsqu’elle est entrée, la porte grince lorsque la gamine l’ouvre. La fillette grommelle entre ses dents. Impossible d’être discret dans cette maison. C’est pourtant la première chose que sa mère lui a apprit. La discrétion. Ce n’est pas avec une porte qui couine et un parquet qui grince qu’elle va réussir à mettre en application cette leçon. Toujours aussi bruyamment, Shana se dirige vers les escaliers au fond du couloir. Elle descend marche par marche, lentement, en faisant une grimace de douleur à chaque pas. Finalement, ses bleus sont plus encombrants qu’elle ne l’avait prévu. Arrivée en bas, elle prend la direction de ce qui pourrait être appelé la pièce principale. C’est une grande salle, rectangulaire, où une table en bois massif est posée au centre. Du moins, c’est ce qu’on peut voir sans fouiller. Car en réalité, c’est dans cette pièce que sont cachées toutes les armes de sa mères. Sous la grande table sont placés les dagues et autres petits couteaux. Deux tableaux sur les murs cachent des cavités remplies de produits chimiques, style poison. Quelques lattes du plancher se soulèvent pour laisser voir les quelques grandes et lourdes épées que sa mère garde en réserve. Oui, cette pièce est une vraie armurerie. La gamine fait face à la fenêtre qui donne sur la rue à l’extérieur. Elle remarque que dehors il neige. De gros flocons blancs ont recouverts la route, les trottoirs, les maisons, et ce pendant le laps de temps durant lequel elle avait dormi. En même temps, elle avait dû se reposer un moment puisque le soleil est déjà couché. Quant à cette neige plus que soudainement venue, c’est aussi normal. Après tout, aujourd’hui c’est le 21 décembre. Le jour de l’hiver. Et que serait le premier jour de cette saison sans neige ? Mais pour la fillette c’est aussi un jour particulier. Ce soir, c’est son anniversaire. Ce soir, elle aura 11 ans. Cette pensée la remplit de joie. Elle ne sera plus cette petite gamine de 10 ans, incapable de faire face à sa mère. A partir de maintenant, elle se jure de faire encore plus que son maximum pour lui prouver qu’elle vaut quelque chose. Qu’elle est capable de se battre, de survivre. Qu’elle est capable de la battre. Un fin sourire s’étire sur les fines lèvres de la gosse. Oui, à partir de maintenant, c’est ça son objectif. Un grognement sourd la rappelle à l’ordre. Mmh, oui. Son estomac. Elle l’avait oublié celui-là.
J’ai comme qui dirais l’impression que tu as faim… Tu viens ?
Shana sursaute un grand coup et se retourne précipitamment. Sa mère est sur le pas de la porte, adossée contre le mur, les bras croisés sur sa poitrine, un fin sourire au lèvres. Il se passe quelques secondes sans que l’une ou l’autre ne parle. Les deux femmes se contentent de se faire face, se regardant dans les yeux, sans ciller. Puis sans crier gare, la mère de la gamine se redresse rapidement et part dans le couloir pour ouvrir la porte d’en face, soit celle de la cuisine. Remise de sa surprise, la gamine lui emboîte la pas. Ce n’est qu’en entendant le parquet grincer sous ses pas qu’elle se rend compte qu’il n’a pas fait de bruit sur le passage de sa mère. La fillette se stoppe net. Comment elle avait fait ? Shana essaye donc de se mettre sur la pointe des pieds, et de faire quelques pas comme ça. Non, pas moyen, le parquet continue de faire des siennes. La fillette pousse un soupire. Mais comment avait donc fait sa mère pour ne pas faire de bruit ? Le grand mystère…
La gamine entre finalement dans la cuisine complètement frustrée. Elle s’assoit sur la table tout en souplesse et regarde sa mère en balançant les pieds dans le vide, les mains posées sur ses cuisses. La femme aux yeux bleus, quant à elle, est dos à sa fille. Elle s’occupe de quelque chose que la gamine ne peut pas voir sur un meuble contre le mur.
Dis maman, comment tu fait pour pas faire de bruit ?
Un petit rire. Si la fillette avait eu sa mère en face d’elle, elle y aurait vu un fin sourire s’étirer sur ses lèvres. Chose pas très courante quand on connaît le passe-temps de cette chère dame.
- C’est donc ça que tu faisais. J’ai tout simplement repérer les endroits qui ne grinçaient pas.
Une réponse simple, qui ne s’étale pas dans le blablatage inutile. La fillette devra se contenter de ça. Ce dont elle ne se privera pas. Repérer les endroits qui ne grincent pas, hein ? D’accord, c’est enregistré. Et dès qu’elle retournera dans le couloir, elle s’empressera de les trouver et de les mémoriser ces endroits. En attendant, sa mère s’était retournée et avançait d’un pas décidé vers la petite table ronde sur laquelle sa fille était assise. Elle posa à côté d’elle, dans un silence de mort, un morceau de tissu plié. Puis la femme pose ses yeux sur Shana. Sa bouche s’ouvre pour laisser passer deux petits mots. Mais deux mots qui remplissent de joie le cœur de la gamine. « Bon anniversaire ». Un sourire s’étire sur les lèvres de la fillette. Elle y avait pensé ! Et en plus de ça, elle lui avait fait un cadeau. Rapidement, la gosse s’empare du morceau de tissu et le déplie. Une fine chaîne en argent vient s’enrouler autour de ses doigts. Puis un médaillon tombe au creux de sa paume. C’est une superbe pierre d’un violet pur, enchâssé dans une monture en argent. De fines tiges du métal gris s’entrelacent autour de la pierre, formant un pendentif magnifiquement bien ouvragé.
Le sourire de la gamine s’agrandit encore plus lorsque ça mère lui prend la chaîne pour lui passer autour du cou. Elle le prend dans ses doigts, joue avec, le fait rouler sur sa paume, heureuse de sentir le poids du métal argenté sur sa poitrine. Elle remercie largement sa mère, qui la coupe d’un signe de main. Moui… C’est vrai qu’elle n’est pas très bavarde cette dame… Finalement, la femme aux yeux de glace ramène sur la table deux bols de soupe, que la fillette s’empresse d’avaler, après s’être correctement assise sur une chaise. Le repas se passe en silence comme d’habitude. Mais malgré ça, l’humeur de la petite fille ne baissera pas. Pour la première fois depuis longtemps, sa mère, si dure, si froide, lui a offert un cadeau, chose précieuse dont la gamine ne se séparera jamais.
Au final, cette journée a été quasiment comme les autres. Un réveil de bonne heure pour un entraînement douloureux, puis un repos bien mérité, et enfin le repas du soir. C’est en général le programme de chaque journée que passe la gamine depuis un bon moment déjà. Programme qu’elle suivra aussi par la suite. Jusqu’à ce que…
[Suite au prochain épisode... ^^]

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