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 Mielleuse profanation [Eléa]

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Lord Warren Krory
Aîné de Kaname



Pièce d'identité
Âge de jeu: 1700 ans
Orientation sexuelle + Uke ou Seme: Bisexuel & Seme.
Situation sentimentale: #

MessageSujet: Mielleuse profanation [Eléa]   Mer 3 Juin - 20:10

Besoin d'obscurité et de calme en plein jour. Besoin d'un peu de lumière et de compagnie en pleine nuit.

Tel était le calvaire continuel de Warren depuis qu'il était rentré au château au côté de sa chère et tendre famille qu'il s'était autorisé à oublier pendant son absence, au moins provisoirement. La journée, il pouvait voir la plupart des humains se balader dans les couloirs du château, voire même dans les jardins. Les voir évoluer, bouger, vivre sous ses yeux lui donnait des envies sanglantes, les dévorer sur place ou simplement les déchiqueter et teinter ainsi les buissons, ou les murs, d'un liquide sombre et presque noir en grande quantité. Et pourtant, le vampire restait enfermé une bonne partie de la journée, coincé de part sa volonté dans une chambre froide, lugubre et silencieuse, à son image, il y était au moins tranquille. Presque calfeutré dans une léthargie insondable qui ne disparaissait qu'au coucher du soleil pour reprendre le dessus inexorablement sur son esprit torturé au lever du jour.

La nuit, tout était différent, le pantin prenait doucement vie et sortait en silence de sa chambre, malheureusement pour lui, tous les jouets, ou en tout cas, la plupart, étaient soigneusement cachés, à l'abri, dans ce qui leur servait de chambre. La routine, l'habitude, lui valait un ennui sans faille, et éternel depuis maintenant bien des années. Il ne pouvait cependant pas échapper à cet étrange rite, il lui était nécessaire de sortir la nuit plutôt que le jour, en effet, Warren préférait la splendeur glacée de la lune à la chaleur divine du soleil. Le soleil était trop banal finalement, scintillant de mille feux au point qu'on ne pouvait lui arracher un regard, c'était dommage et frustrant. Pour ce qui était de l'astre lunaire, c'était l'opposé. Elle se laissait voir, quitte à montrer son imperfection et son visage déchiré par de nombreuses cicatrices. Peut-être était-ce cette imperfection qui lui donnait tant de charme... Parfois, le vampire avait l'impression que c'était lorsqu'on trouvait la faille, qu'un objet devenait véritablement beau... Qu'est-ce que la perfection, au fond, même si les vampires ne font que s'en vanter ? Tout est relatif... Certains préfèrent la lune, d'autres le soleil.

Lorsque le Lord se décida enfin à sortir du château, la nuit était tombée depuis, déjà, un long moment. Le calme régnait dans les alentours du château, un silence doux et agréable, un silence de morts. Le ciel était dégagé et laissait filtrer la lueur blanchâtre de la lune sur le paysage, y compris sur le vampire, lui offrant une pâleur aggravée et presque extravagante, accentuant de ce fait les cernes grisâtres se situant sous ses yeux distraits. Warren ignorait toujours ce qu'il comptait faire pour s'occuper l'esprit ce soir, il se contenterait, pour le moment, d'errer dans les jardins jusqu'à trouver une occupation digne de ce nom. Replaçant son écharpe de façon à ce qu'elle lui cache ses lèvres, au moins partiellement, le vampire se dirigea vers les jardins, laissant le vent plaquer sa chemise en lin contre son torse. Le vampire traversait rapidement les allées dessinées entre les haies parfaitement bien taillées, avant, finalement, de s'arrêter, attiré par une lueur estompée, toute proche.

Pivotant sur lui-même le vampire emprunta un tout autre chemin, coupant à travers une haie sans déchirer ses vêtements, à peine eut-il frôlé les plantes, comme par magie. Finalement, il se trouva tout près de la Seiiki. Ce lieu dans lequel il n'avait jamais mis les pieds tant il le désolait. Il n'en voyait aucune utilité, par conséquent, ne s'en préoccupait pas, pour autant l'ennui était anormalement puissant ce soir, autant perdre quelques minutes en s'attardant devant cet étrange sanctuaire. Quelques bougies disposées ça et là, lui donnaient des airs de Purgatoire. Charmant, vu sous cet angle. Alors ainsi, cette simple porte permettrait la purification des pêchés, et ce, dans d'atroces souffrances ? Intéressant. Il serait amusant de savoir si cela était vrai, si, même pour les vampires, cette petite mascarade fonctionnait... Auquel cas il y allait avoir du boulot, pour lui en tout cas.

Après avoir oublié cette idée selon laquelle il pourrait se retrouver en cendres en passant la simple porte de ce sanctuaire, le vampire se décida finalement à y entrer. L'air ailleurs, impassible, insensible, Warren se tenait au milieu de la petite pièce, balayant les différents noms des Krory de son regard vif. Là encore, il ignorait l'utilité de tout cela, à quoi bon mettre des nuages de cendres dans des cercueil pour ensuite les emmurer ? Ou les enterrer, le résultat était le même... Toute leur vie ou presque, les vampires, ou en tout cas les Krory, passaient leur temps dans ce château, enfermés entre quatre murs, voyant défiler de nouveaux visages humains, les voyant vieillir -ou non- et voyant finalement des nouveaux arriver, ce qui était, en quelque sorte, la "nouvelle génération". Ainsi de suite. Alors que dans la mort, certains vampires voient comme une délivrance, les voilà de nouveau enfermés, prisonniers d'un linceul, étouffés dans une boite, oubliés sous la terre, parmi d'autres. Tragique destinée : vivre aussi longtemps pour être oublié dans le sein de la terre. Autant être dispersé aux quatre coins du globe, ce serait si facile, mais sûrement pas assez pompeux.

Un soupir s'extirpa des lèvres entrouvertes de Warren. ses doigts fins vinrent se glisser entre ses mèches de cheveux, les plaquant sur le haut de son crâne, dévoilant son front et ses étranges tatouages. Ces croix qui pouvaient parfois intriguer les curieux, représentaient les sept pêchés capitaux. Il ne parvenait même plus à se souvenir pourquoi il avait eu cette étrange idée, peut-être s'ennuyait-il, comme maintenant, tout simplement. Le Lord laissa légèrement glisser sa main, descendant ainsi un peu plus son écharpe, dévoilant de ce fait entièrement son visage. Adressant un dernier regard aux lettres inscrites soigneusement dans le marbre, Warren tourna les talons, ressortant lascivement et en silence du sanctuaire.

Doucement, ses pas résonnèrent sur les quelques marches situées devant l'entrée, avant que le silence ne retombe. Se tenant droit devant le Purgatoire, le vampire songeait de nouveau. Cette expédition ne lui avait prit que cinq minutes à peine, ce qui signifiait qu'il avait encore de nombreuses heures à combler. De nouveau il soupira, extirpant un paquet de cigarette de sa poche avant d'en glisser une entre ses lèvres. Tandis qu'il rangeait le paquet d'une main, de l'autre, le Lord approcha sa cigarette de la flamme d'un cierge, afin de leur donner une quelconque utilité, puisqu'ils ne servaient définitivement à rien, posés là. Plissant les yeux après une grande inspiration, Warren se décida à s'assoir sur les marches, adossé contre une colonne de marbre -puisque ce genre de monuments devaient être toujours très sobres-, une jambe repliée près de son torse et un bras étendu sur son genoux, il avait des allures de statues avec sa peau aussi blanche que la pierre qui lui servait de soutien. Seuls quelques mouvements permettaient de déterminer qu'il s'agissait d'un être "vivant" et non d'une vulgaire statue, ce mouvement las, lent et répétitif qui consistait à amener la cigarette aux lèvres pour la laisser retomber finalement dans le vide, quelques secondes avant qu'un nuage de fumée ne s'élève dans le ciel.

Un instant, et un instant seulement, Warren pensa s'être trouvé une raison cette nuit, mais il finit par se rendre compte que cette raison potentielle n'était qu'éphémère, puisque déjà, il avait fumé plus qu'il ne l'avait pensé. Soupirant derechef, le vampire glissa la cigarette une dernière fois entre ses lèvres, basculant légèrement la tête en arrière en fermant les yeux. Totalement immobile, il semblait aussi absent qu'en plein jour, comme déconnecté du monde réel, simplement endormi sur une marche devant le sanctuaire, comme mort. Seul la flamme du cierge au-dessus de sa tête le faisait bouger, vacillant, elle donnait des effets argentés à sa peau grisâtre, reflétait les plis de la chemise noire du vampire, et éclairait un peu plus la chevelure rousse de Warren, inventant quelques mèches orangées, proche du blond parfois, tandis qu'à l'opposé de la lueur, ses cheveux n'en étaient que plus sombres.

Un dernier nuage de fumée s'échappa dans l'air avant que la flamme de la bougie ne s'éteigne sous un coup de vent. Le Lord ouvrit lentement les yeux, écrasant à l'intérieur de sa main les vestiges de ce qui était, il y a quelques temps, la cigarette qu'il avait extirpé de son paquet. Dépliant lentement ses doigts sans observer les morceaux de cigarette s'envoler dans les airs, Warren replaça son écharpe une nouvelle fois, cachant de nouveau ses lèvres avant de plonger son regard dans l'herbe ténébreuse... Les cierges du sanctuaire avaient tous été soufflés en même temps, ce qui assombrissait considérablement les environs, quand bien même le vampire n'avait pas besoin de cela pour voir clair.
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Lady Eléa Krory
Aînée d'Ashura



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Âge de jeu: 1785 ans.
Orientation sexuelle + Uke ou Seme: Bisexuelle - Semuke
Situation sentimentale: compliquée

MessageSujet: Re: Mielleuse profanation [Eléa]   Mer 15 Juil - 19:56

La nuit, toute chose prends sa forme et son vrai aspect. De même qu'on ne distingue que la nuit les étoiles du ciel, on aperçoit alors sur la terre bien des choses que l'on ne voit pas le jour. Et c'est ainsi donc, qu'en cette nuit, Eléa n'etait que misérablement vulnérable. Cependant,d'elle émanait toujours cette aura lumineuse qui faisait d'elle l'ainée. Celle que l'on redoute ou du moins, devrait redouet. C'était écrit et ancré dans l'ordre des choses. La première, la splendide, la seule et malheureusement ce soir, la misérable. Parce que oui en cette nuit, après ça rencontre avec sa tendre et naturelle rivale, le mot qui définit le plus la belle Eléa n'est autre que le bien dit; misérable. Une abominable envie de pleurer la tenait à la gorge, les crocs pointés en sa direction, tel le chasseur devant sa proie, prêt a bondir en vue de la moindre faille et en un instant faire basculer la vie d'un être dans le nean. Oh oui, le néant... Il était devenu le plus fidèle ami de la Krory depuis un certain temps...

Sa démarche n'était plus qu'une danse trop répétée, lasse et à bout, Eléa se dirigeait vers son purgatoire, là où aucun vampire ne s'aventurerait normalement, son sanctuaire. Le Seiiki. Elle marchait donc, d'une lenteur à en oublier de se mouvoir en direction de la triste lumière qui émane des bougies faiblardes scintillantes au loin et tellement inutiles au final. De jour comme par la nuit, le Vampire voit tout de ce qu'il désire voir. Après tout, ces bougies ne peuvent que rendre un peu plus vivant cet espace froid, embaumé par l'odeur persistante de la mort. De cette délivrance qui les travaillent tous. Qu'en est-il de leur vie ? Définit comme immortels, les Vampires choisissent-ils quand sonnera leur dernière heure? Ne vous méprenez pas, Eléa est certes lasse, mais elle n'a toujours pas décidé de laisser son heure sonner. Comme peut être triste l'existence Vampirique, et parfois même, l'Ainée vient à se demander, si la sienne en vaut encore la peine. Mais c'est une fois dans le noir, que l'on perçoit une tendre et infime lueur d'espoir.

Sa route bifurquait au tournant d'une haie, sublimement taillée au millimètre près comme toujours. Les haies, fleures et même l'herbe étaient toujours parfaitement taillé, ce qui rendait l'espace un peu plus mort chaque jour. Rien ne semblait vieillir, s'assécher ou dépérir. Tout restait en vie et immobile comme figé dans l'espace temps qui sépare les mondes. L'ainée s'arrêta donc, pour épousseter la poussière qui s'était outrageusement déposé sur sa tendre personne. Elle fit également glisser sa chevelure d'or le long de ses épaules et dans son dos, les remettant ainsi à leur place habituelle comme pour masquer la faille qui s'était agrandie avec les années. Sa tenue désormais redevenue normale, elle resserra le lacet qui sert de fermeture à son corset pour ensuite remettre en place le bas de son short habituel. Évidement, la tenue d'Eléa se doit d'être réglée comme tu papier à musique. Elle reprit sa lente marche.

Le Seiiki n'était plus très loin désormais, le feu des bougies étaient à la portée de sa vue troublée par une rage qui ne semblait vouloir s'apaiser. Puis dans le noir entourant le Sanctuaire, une présence se faisait ressentir. Invisible mais perceptible. Son instinct ne peut la tromper, elle s'y est bien trop habituée. Il y avait donc quelqu'un ici, Eléa ne serait donc pas seule ce soir. Ce qui n'est peut-être pas plus mal au fond, elle a besoins de s'exprimer, mais bien trop orgueilleuse pour se l'avouer, fière même. Tout ceci l'empêche de vivre et s'épanouir, de créer des liens et même trouver l'Amour. Bon sang, qu'a t-elle fait d'elle même ? Traverser seule l'éternité, elle n'y a jamais vraiment pensé, mais plus les décennies passaient, plus le sentiment de solitude se faisait lourd à porter et ainsi, Eléa s'enfermait dans les murs bien protecteurs de ses appartements, déambulant parfois dans les couloirs ne souhaitant ni éviter, si rencontrer qui que ce soit. Tout à fait comme ce soir, elle se contente juste de marcher.

Arrivée à environs cinquante mètres du Seiiki, la silhouette qui n'était qu'un amas noir au début, se dessinait au rythme de ses pas qui malgré sa lassitude restaient cependant souples et légers. Son passage laissait une trace dans l'herbe derrière elle, pliant les
brindilles d'herbe sous ses pieds nus. La lueur des flammes lui parvenaient plus clairement désormais, ainsi qu'une chevelure rouquine qui flamboyait ardemment. Mais qui pouvait bien être le supposé vampire qui hantait ces lieux ? Il n'y avait jamais personne habituellement. Cet endroit est normalement toujours désert. Enfin quoi qu'il en soit, un peu de compagnie ne peut jamais faire énormément de mal. Si ? Ses cheveux d'or revêtirent une teinte cuivrée à l'approche des bougies qui frémissaient sous la légère
brise qui brutalement souffla leur vie en une seconde a peine. Tout redevint noir.

Lentement toujours elle s'approchait de la grande porte de bois sculptée, montant lentement les marches de pierre blanche et immaculés, ce qui montrait à quel point aucun Vampire ne s'aventurait ici. Quoi qu'il en soit, elle n'était pas seule ce soir. Sans bruit elle gravissait les marches une a une, regardant droit devant. Une fois sur le perron du Seiiki, sa main se posa sur la grande poignée de fer noir. Elle poussa la lourde porte pour pénétrer dans cet espace froid duquel émanait cette odeur de mort qui l'apaisait lentement mais surement. Les bougies à l'intérieur étaient toujours allumées, la cire chaude coulait le long des grands bâtons de cire blancs, allant ensuite s'écraser dans le support doré. L'Ainée traversa le Seiiki de tout son long, pour aller s'arrêter devant la plus somptueuse tombe, celle qui rendait d'une pâleur grotesque toutes les autres. Celle d'Ashura.

Son recueillement, si l'on puis l'appeler ainsi, ne dura pas plus d'une minute. Elle se contenta juste de lire le nom de sa mère dans le marbre pour ensuite s'en retourner et sortir aussi lentement qu'elle était entrée. A quoi bon se lamenter sur un tas de poussière mis en boite pour l'éternité ? Si passer du château à une boite plus ou moins grande est une délivrance, autant rester enfermé au château, entre quatre murs. Avant de sortir elle se saisit d'une bougie, la tirant difficilement du bougeoir où elle était coincée et passa de nouveaux la porte du Seikki pour la difficilement la refermer elle aussi. Se laissant alors glisser le long de ladite porte en un long soupir. Une affreuse envie de fumer la saisit soudain, tendis que l'air était imprégné de l'odeur de fumée. Elle jeta un petit regard à l'autre assis non loin, et s'empressa de récupérer son paquet de cigarette qui était dans la poche arrière de son short. Malheureusement pour elle, le paquet n'était plus qu'un bout de carton froissé ayant broyé ses barres de nicotines durant l'impact avec le mur.

Après avoir ouvert le paquet et constaté l'ampleur des dégâts, en un geste vif elle lança le paquet à sa gauche lâchant par la même occasion un sifflement visiblement d'agacement en basculant sa tête en arrière pour la caler sur la porte en un son sec et étouffé. Elle suivit des yeux ledit paquet qui alla lamentablement s'écraser dans l'herbe avant de les reporter sur l'autre vampire ici présent. Eléa ne le reconnu pas immédiatement, a vrai dire elle ne cherchais pas vraiment à le reconnaître, l'odeur du sang qu'il possédait, vraisemblablement celle d'un Krory. Quoi qu'il en soit, la seule chose de franchement reconnaissable ici était l'odeur insistante de la cigarette consumée qui régnait, déduisant donc que son 'compagnon' devait en avoir. Lentement elle se redressa avant de laisser rechaper sa voix fatalement cassée et faussement aimable.


«Il n'est pas respectueux de fumer ici... Mais si par chance il t'en reste quelques-unes... »


A ces mots un léger sourire s'étira sur ses lèvres qui s'effaça presque aussitôt. Puis tout redevint silencieux.
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Lord Warren Krory
Aîné de Kaname



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MessageSujet: Re: Mielleuse profanation [Eléa]   Mer 15 Juil - 23:50

La nuit était là, depuis longtemps maintenant, si longtemps qu'il faisait affreusement noir à l'extérieur, les jardins semblaient plongés dans les ténèbres, l'infime parcelle éclairée ne l'était que grâce à la bonté partagée de la lune : éclairant un côté pour assombrir un peu plus l'opposé, et faire se répandre une ombre affamée, dévorant tout ce qui osait défier sa toute puissance. Aussi prétentieuse puisse être cette ombre, elle parvenait à engloutir avec elle un Vampire. Las, immobile, appuyé contre un bloc de marbre, il était de nouveau emprunt à sa mélancolie persistante. Sa vie était-elle donc affreuse à ce point pour qu'il souffre autant ? A en juger par les traits de son visage, son attitude entière, Warren n'était plus qu'une ombre lui aussi. Non, se laissant submerger passivement par n'importe quoi, il n'était même pas une ombre, il était encore plus faible, plus simple, plus banal... Plus inutile. Souffrant sans vraiment savoir pourquoi, il se contentait de se laisser porter par le temps. Qu'importe où il allait, il avançait avec hésitation vers son futur, quand bien même il n'en avait pas.

Comateux, Warren ne prenait pas le temps de réfléchir à ce qu'il avait fait, ce qu'il faisait, et ce qu'il allait faire. Depuis longtemps il avait perdu, lui qui était las avant même de naître, qui se cherchait des occupations sans réelle conviction. Depuis longtemps déjà, il s'était perdu dans le noir de sa propre personne, dans son ombre qui l'avait petit à petit engloutit. Où qu'il regarde, ses yeux se posaient uniquement sur le vide. Son passé n'était rien, son avenir n'était pas meilleur. Malgré les tourments exagérés qui l'habitaient ce soir, le vampire perçut tout de même un faible bruit qui le secoua violemment, partant de son thorax pour répandre des frissons dans son corps entier. Réveillé en sursaut d'un sommeil ravageur, le vampire grimaça. Voilà qu'il devrait se cacher aussi la nuit pour être certain d'être tranquille. Après tout, il savait à quoi il s'exposait, le château était autant, si ce n'est plus, actif la nuit qu'il ne l'était en pleine journée. Soit, il devrait rester prostré jusqu'à ce que mort s'en suive. Jusqu'à ce que la mort le délivre, lui qui l'était déjà à moitié. Où trouverait-il enfin la tranquillité ?... D'ailleurs, la trouvera-t-il seulement un jour, ne serait-ce qu'un instant ?

Plongé dans ses pensées, les yeux aveuglés par un voile de soie délicieux et délicat, Warren parvint à peine à distinguer la silhouette qui passait à proximité de lui, juste devant, à quelques pas à peine. Malgré sa volonté de vouloir recouvrer la vue, cela lui était pour le moment interdit. Comme toujours le vampire préféra rendre les armes, aussi lâche que cela puisse paraitre, ça avait au moins le mérite d'être plus rapide qu'un quelconque combat dont l'aboutissant est déjà décidé, couché sur le papier. Warren perdrait. Il a toujours perdu, il allait continuer à le faire parce qu'il n'avait pas la volonté nécessaire pour changer sa destinée, ou tout simplement parce qu'il n'en voyait pas la nécessité. Aussi inutile et incertain que sa propre personne, le changement ne garantissait rien de mieux, que deviendrait-il s'il parvenait à faire pire qu'il n'était déjà ? Un certain sentiment de fierté émanerait de son corps meurtri, mais un sentiment bien vite doublé par un vide oppressant. Non, aucun intérêt à vouloir changer une destinée pré-écrite.

Quelques minutes après que la silhouette vaguement dessinée ne fut passée devant ses yeux vitreux, voilà qu'elle ressortait. Un peu plus conscient à chaque seconde, Warren observa un peu mieux la personne qui lui tiendrait compagnie ce soir. Ainsi donc, voilà que la grande fille de la maison se présentait là. Eléa était sans doute la dernière personne que le Lord s'attendait à voir là. Peut-être avait-il une image faussée de l'aînée de la famille. Quoiqu'il en soit, pire qu'une ombre, à ses yeux, il n'était rien. Absent, totalement absent. Oui, pire qu'une ombre, Warren était un simple fantôme, et si c'était bel et bien le cas, alors il se trouvait au bon endroit... Quoi de mieux que le Seiiki... Mais visiblement, pour une fois au moins, il ne semblait pas être le seul à être torturé par de vieux démons ce soir. Pourquoi sa cousine lui paraissait soudainement si différente ? Peut-être plus fragile qu'il n'en avait le souvenir.

Alors que Warren débattait intérieurement sur les différences existantes entre l'image qu'il avait d'Eléa dans son lointain passé brumeux, et celle qu'il avait actuellement sous les yeux, la vampire bougea sensiblement. Sceptique, il n'arrivait pas à déterminer si sa cousine était plutôt emprunte à une rage anormale, ou si c'était la tristesse qui s'était emparée d'elle. Elle, l'aînée sans failles de la famille... Celle qui imposait le respect de par sa simple présence, celle qui faisait courber échine à n'importe qui d'un simple sifflement, celle qui était crainte pour ses excès de colère et de rage incontrôlés... Où était cette Eléa ? Se serait-elle perdue elle aussi ? Cela paraissait difficilement probable aux yeux du Lord, difficile, voire impossible. Aussi probable que le jour où lui, ne souffrira plus sans raisons. Warren n'est pas lui sans ses tourments, Eléa n'est pas elle sans sa hargne habituelle. Tout est forgé sur des images, des images uniquement, des principes et des apparences, peu importe ce qu'il peut y avoir derrière. Tout le monde est sujet à faillir, mais pour certains, c'est plus acceptable que pour d'autres...

Alors qu'il restait éternellement impassible, comme il l'avait toujours était : loin de tout, nonchalant, se désintéressant de tout et de n'importe quoi, Warren prit quand même le temps de suivre le paquet de cigarettes des yeux, le regardant jusqu'à ce qu'il aille s'écraser au beau milieu de l'herbe noire. Là encore, le regard du vampire se perdit, figé sur le paquet qui n'était plus qu'un vulgaire bout de carton chiffonné. Il avait souffert, lui aussi, et n'était plus. Peu de temps après cela, la voix d'Eléa le sortit de sa rêverie. Sa voix, elle aussi, il l'avait presque oublié depuis le temps et pourtant, il ne pouvait pas dire qu'elle lui avait manqué. Comme ce château, rien ne lui avait manqué, finalement. Il n'était attaché à nulle part, et à personne, seul, et éternellement seul.

Telle une marionnette rouillée après des années à être restée loin des devants de la scène, le vampire se leva difficilement en appuyant une main contre le marbre blanc. Se cambrant avant de glisser une main entre ses mèches rousses, les articulations de Warren craquèrent une à une, chacune leur tour, comme si tout cela était minutieusement programmé. Une fois totalement redressé et remis de sa pause prolongée, le vampire glissa son autre main dans la poche de son pantalon. Tandis que la première restait nichée et soudée à sa nuque, la seconde entreprit d'ouvrir le paquet et d'extirper une cigarette. Une ? Cette idée totalement idiote le quitta bien vite. Lascivement et avec la délicatesse qui lui était propre, le vampire lança le paquet à côté de sa cousine. La connaissant, une cigarette ne suffirait sans doute pas... De toute façon, pour ce soir, elle serait limitée : il n'en restait que trois.

Aussi respectueusement que le permettait le lieu, Warren descendit les marches rapidement, se retrouvant de nouveau au beau milieu des herbes. Elles avaient beau ne pas être très hautes, elles trouvaient tout de même le moyen de se plier encore un peu plus sous le vampire à chacun de ses pas. En silence comme il le faisait toujours, il s'avança vers un rosier, s'arrêtant à proximité, y observant les fleurs épanouies ou non. Alors qu'il avait presque oublié la présence d'Eléa, le vampire s'aventura à cueillir l'une des fleurs de cet arbuste, l'observant sous tous les angles, entre deux de ses doigts. Lentement et aussi calmement qu'à l'aller, Warren fit le chemin inverse, s'arrêtant juste devant le Seiiki sans aller s'aventurer plus loin sur le perron, ni même sur les marches.

On dit souvent que la vie des roses est éphémère par rapport à celle du jardinier qui s'en occupe, qui les cultive et qui en prend soin. Qu'en est-il si ce même jardinier est encore supérieur aux humains, s'il est vampire ? Si sa vie n'est même pas déterminée tant elle est longue. Finalement, peut-être qu'il ne vit même pas puisqu'il ne peut mourir, la rose avait au moins un but, un développement, et les humains aussi, mais que sont les vampires à côté de cela ? Jeunes, éternellement jeunes, là pour charmer et détruire. Plus Warren regardait cette rose, et plus il lui trouvait certaines ressemblances avec Eléa. Des ressemblances minimes, mais des ressemblances tout de même. Après tout, la rose n'est au début qu'un simple bouton qui se développe lentement, et qui ne montre sa splendeur que peu de temps avant sa mort. Il en est de même pour une flamme. On dit bien souvent que la flamme est un peu plus intense, éclatante et vivante, avant de s'éteindre à jamais. Pour la rose, et peut-être même pour Eléa, c'était sensiblement la même chose. Après s'être développée, après avoir fait la belle et écrasée les autres de sa cuisante supériorité, elle perdrait lentement et progressivement ses pétales dans une souffrance sans limites, avant de ne redevenir qu'un vulgaire bouton, pour renaître encore plus belle...

Le regard de Warren se posa successivement sur la rose et Eléa. La différence qui séparait ces deux êtres étaient simplement que l'une était éternelle et pas l'autre. Et pourtant, un fin sourire étira les lèvres du vampire tandis qu'il baissait la tête. Ce n'était pas avec Eléa en elle-même que la rose avait le plus de ressemblances, c'était avec la faiblesse qui parcourait actuellement la vampire. Cette même faiblesse qui lui donnait peut-être un charme inhabituel à la lueur de cette bougie. Éphémère et imprévisible. Tout comme cette rose, cette infime faiblesse disparaitra un jour ou l'autre... Le vampire redressa lentement la tête, son sourire avait alors disparu, ses yeux se contentaient de fixer la rose maintenant, ses pétales, jusqu'à ce que sa main ne vienne l'écraser dans sa paume.

Tellement belle, et pourtant si éphémère...
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Lady Eléa Krory
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MessageSujet: Re: Mielleuse profanation [Eléa]   Jeu 16 Juil - 3:18

Le temps est le maître absolu des hommes ; il est tout à la fois leur créateur et leur tombe, il leur donne ce qu'il lui plaît et non ce qu'ils demandent. Ce qui est totalement le contraire sur les vampires. Le temps, n'a quasiment aucun impact sur eux. Si ce n'est pour leur développement corporel. Ils les font grandir jusqu'à si je puis dire maturité, après laquelle leur croissance cesse et tout leur métabolisme se fige pour un temps indéterminé. On parle alors de jeunesse éternelle. Mais qui dit corps jeune ne dit pas que l'esprit suit, lui qui ressent l'impact du temps. Plus les années passent, plus les vampires ont l'impression d'être trop peu de beurre sur une trop grande tartine, encore et encore étirée pour si peu de résultat. C'est qu'il leur faudrait donc une seconde jeunesse. La jeunesse viendrait dans le renouveau. Enfin, c'est ce qu'espère notre Eléa qui recherche désespérément du renouveau. Mais peut-être l'a-t-elle trouvé ce soir, ce renouveau.

Et pourtant, c'est toujours aussi lascivement qu'elle récupéra le paquet si gentiment offert par l'ombre qui hantait la Seiiki. Malgré tout... Un certain sentiment s'empressa d'apparaitre chez notre Vampire qui était définitivement plus la même ce soir. Après la rage et la tristesse, voilà que prends place, l'Eléa Vexée. Et bien oui. Ce soir Eléa est vexée par un simple paquet de cigarette, simplement posé là à coté d'elle. Non posé ? Il l'avait jeté. Là, en pâture. Comme a une lépreuse touchée par le mal en personne, ou même comme on lance la chaire au requin pour ne pas se faire toucher. Sortez-les vos combinaisons, comme vous devez tous le savoir, la tristesse est la pire des épidémies et ce soir donc, Eléa est le patient Zero. Pour l'une des seules fois de sa vie, elle n'est plus la bête porteuse de rage. Pauvre, pauvre chose. Elle est désormais atteinte par un bien plus grand mal.

Délicatement, elle se saisit du paquet, après avoir préalablement posé l'une de ses main sur le marbre qui pour toute personne normale serait froid voir glacial, pour coincer entre deux de ses doigts la grosse bougie blanche pour ne pas la faire tomber. La flamme étant déjà bien assez ballotée par les courants d'air, il ne faudrait pas qu'elle s'éteigne. Et là, pour elle comme pour tous ceux présents. Ce serait un Drame. Oui Eléa ce soir est susceptible. Ne vous avisez pas de l'ennuyer, elle pourrait se retourner contre vous comme la pire des harpies. Tantôt sereine et froide, elle peut devenir cruelle et hargneuse. Enfin cruelle... Elle a été conçue pour l'être. Tout était comme qui dirait : couché sur le papier. Elle changea d'avis, laissant couler la cire qui s'était agglutinée sous la flamme, elle colla ensuite la bougie dessus, libérant alors sa main pour venir jouer avec le paquet, qu'elle faisait tourner lentement entre ses doigts.

Sa lèvre était maintenant prise entre ses dents serrées. Empêchant peut-être une longue complainte de s'échapper sans qu'elle le veuille. Malgré tout, elle n'était pas seule, elle devait alors, conserver un minimum de dignité pour ne pas nuire à son image qui elle aussi était déjà couchée sur le papier. Ne croyez pas que la vie d'Eléa est si simple. Évidement, avoir -presque- tout le monde a ses pieds dès que l'on arrive où bon nous semble, pouvoir agir à sa guise sans que l'on puisse lui reprocher quoi que ce soit et avoir tout ce que l'on désir sans même avoir à claquer les doigts est si plaisant que ça. Bien sur au début, tout est beau et agréable. On aime tout posséder à profusion, diriger tout le monde d'un simple regard. Ah oui, sentir le pouvoir couler dans nos veines, laisser filer le temps entre nos doigts ouverts se disant que rien ne manquera jamais, que nos jours sont assurés jusqu'à la fin des temps. Tout ceci est sans doute exquis, même jouissif.. Au début. Ensuite on se lasse, tout devient terne. Les couleurs s'amenuisent jusqu'à en devenir qu'un vague souvenir. Tout reste gris puis tout s'assombrit encore pour devenir noir, Sombrer dans les ténèbres. Même le soleil ne semble plus briller. Et c'est alors que fatalement on se perd.
Seira fume les mêmes cigarettes.

Pourquoi tout se ramène toujours à Elle ? Celle qui hante ses jours sans soleil et ses nuits sans obscurité ? Elle hère, entre les deux. Ni jour, ni nuit. Elle avance, dans le néant. Comment savoir s'il on avance, Eléa n'a plus de point de repère. Elle ne peut plus comparer, trouver de marque, elle est comme une plante à laquelle on a empêcher d'étendre ses racines. Car de tout ceci elle ne devait en avoir. Une femme fatale avec des racines, un port d'attache. Des sentiments 'humains'. Non, tout ceci n'est pas envisageable. Bon sang, une cigarette. Eléa tuerai pour une cigarette. Mais bien heureusement, elle en avait entre les doigts. En y repensant, le paquet semblait étrangement léger. Elle le secoua brièvement pour voir ce qu'il en était pour ensuite l'ouvrir et découvrir trois sœurs jumelles. Des bâtons de mort pour les hommes, des bâtons de vie pour notre vampire. De ses doigts fins elle tira l'une d'elles, l'attirant vers ses lèvres qu'elle avait libéré en retenant vainement un soupir qui la trahissait une fois de plus. Un gémissement agacé s'était clairement fait entendre. Lamentable pour une Lady.

Eléa porta lentement la bougie à la barre de nicotine, tirant lentement la première latte, faisant rougir le tabac. Elle basculait la tête en arrière tendis qu'elle sentait la fumée pénétrer ses poumons. L'ainée bloqua sa respiration en fermant les yeux pour mieux savourer peut-être et relâcha la pression, en un long souffle, elle regardait la fumée s'échapper de sa bouche. Tirant lascivement une seconde fois, bloquant une fois de plus sa respiration durant quelques secondes pour laisser la main qui s'était glissée dans ses cheveux retomber sur la pierre froide et l'une de ses jambes dévier pour elle aussi se laisser tomber à terre, comme si le poids était trop lourd à supporter. Elle se détendit une seconde fois pour continuer son manège répétitif mais tellement libérateur. Soudainement son regard se posa sur l'ombre qui reluisait étrangement en cette soirée. La vampire posa sa main sur son front en fermant les yeux puis écrasa le mégot entre ses doigts avant de reporter de nouveaux son regard sur l'autre vampire. Et naissant de se regard, naissait en elle le besoin de s'amuser.

Eléa lança plus loin le mégot et se releva aussitôt. Marchant droit vers l'autre vampire qui semblait s'amuser avec une rose. Mais maintenant il n'était plus l'heure de se lamenter. Désormais il était l'heure de, si je puis me permettre, se détendre. Assez, il est temps de bouger, sortir de cette morosité ambiante, de ce château qui étouffe quiconque gravis les marches de l'entrée et passe les grandes portes. Lasse, Eléa est lasse. Et ce soir elle à trouvé son nouveau jouet. Elle ne connait pas ou plus son nom, son visage, sa posture et sa façon d'être ne lui est pas ou plus familière. Parfait, quoi de mieux qu'un 'total inconnus' pour jouer ? Un total inconnus de la même famille.

Elle dévalait les cinq marches qui la séparaient du gazon humide et fonçait vers lui, tel le félin le paquet de cigarette entre les doigts. Ses pas étaient légers, comme toujours, sa démarche assurée et aérienne. Ses cheveux ondulaient au rythme de ses pas, sa main libre se balançant librement le long de son divin corps. La bête est en chasse, la bête a faim.
Désormais a portée de son joujou, elle porta le paquet au niveau de la poche de la chemise noire de son compère. Ce fut à se moment qu'elle le reconnu enfin. Allant chercher dans ses souvenirs tout aussi vagues que certains visages de sa propre famille. Eléa reconnu donc le jeune Warren, qu'elle n'avait pas vu depuis un bon moment. De 85ans son ainée, elle l'avait vu grandir avant de disparaître du château.

« Et bien Warren, comment te portes-tu depuis le temps? »


Sa voix se faisait étrangement mielleuse, son attitude changeait au fil des secondes qui défilaient sans que personne ne puisse rien y faire. La machine était inexorablement en marche. La vampire laissa donc glisser le paquet dans ladite poche, laissant alors son doigt glisser lentement le long du torse de son cousin. Ah comme c'est affreux de se dire qu'un homme presque séduisant s'avère être son cousin, mais pas pour Eléa, 'l'interdit' ne fait pas partie de sa vie parce que tout ceci reste terriblement existant. Sa main fila lentement en direction du bas ventre de son cousin, pour s'arrêter au niveau de ce qui devait être une ceinture. Elle -releva- son regard en direction des yeux de son cousin, se mordant inconsciemment la lèvre.


Dernière édition par Lady Eléa Krory le Jeu 16 Juil - 13:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mielleuse profanation [Eléa]   Jeu 16 Juil - 11:04

Si tu n'étais pas princesse, peut-être pourrai-je te plaindre.

Car oui, Eléa était une Princesse, elle avait tout ce qu'elle voulait quand elle le souhaitait, et si ce n'était pas le cas, la demoiselle se déchaînait violemment. Toi et tes crises insupportables. La belle semble pleine de contradictions, victime de changements radicaux en quelques secondes à peine. Lunatique. Ce soir pourtant, un être, d'abord charmé par cette tristesse embrumant son être, ose maintenant se moquer. Warren. Lui qui ne fait rien comme les autres, qui parait, et qui est, peut-être fou, ose être amusé du trouble de l'enfant gâté, ce soir. Elle a tout eu à une époque, peut-être n'y a-t-il eu qu'un évènement pour la contrarier, et voilà que ce soir elle en ressent l'oppression. Comment te comprendre Eléa ? Finalement, elle n'était pas différente du Lord silencieux. Incomprise mais peut-être heureuse de l'être. Le vampire ne voulait pas qu'on le comprenne, il n'avait pas besoin de cela, aussi imprévisible qu'un coup de vent, il pouvait changer d'avis sans crier gare. La preuve étant qu'il avait quitté le château du jour au lendemain, sans prévenir quiconque. Quand bien même il l'aurait souhaité, qui aurait-il pu donc prévenir ? Il avait beau chercher, fatalement, aucun nom ne lui revenait à l'esprit, mais peut-être avait-il oublié cette personne inexistante qui aurait pu se soucier de sa fugue. A quoi bon, le Lord était décemment trop compliqué à cerner.

Ce soir, Eléa est tourmentée, il ignore encore et ignorera sans doute à jamais la cause de cet état, mais il le voit. Peut-être exagérément muet et insensible, mais au moins observateur un minimum. Qui ne pourrait voir ce trouble ? Ce soir, ce n'était pas l'Eléa de ses souvenirs qu'il avait face à lui, c'était une autre Eléa. Une autre personne. La belle enfant s'était faite posséder par un Démon qui visiblement la dépassait. Une bête sans scrupules qui avait osé s'attaquer à la Reine. Ce Démon devait être fou, ou incroyablement puissant pour la choisir elle plutôt qu'un autre, à moins qu'il n'aime à relever les défis, quitte à déclencher une colère qui, de loin, le surpasserait. Démon inconscient, tu ne sais pas encore dans quel pétrin tu viens de t'enliser.

Décidément, plus il la détaillait sans gêne, plus Warren se disait que cette Eléa n'était qu'une pâle copie ratée de la première. Elle n'avait plus aucun point commun avec celle de ses souvenirs, plus rien si ce n'est l'apparence globale. Mais peut-être s'était-il lui même voilé la face pour ne pas avoir à affronter la réalité. Se serait-il créer sa propre image de sa cousine, à quoi bon ? Quel intérêt pouvait-il avoir à s'imaginer une Eléa tyrannique ? Aussi efficace que la fumée sur la silhouette de la vampire, l'esprit du Lord était, si ce n'est tourmenté, fort embué. Était-ce vraiment une copie, ou ses souvenirs s'étaient-ils éteints, laissant libre court à son imagination ? La dernière suggestion n'était pas dénuée d'intérêt, pour lui qui ne voit que ce qu'il veut, et qui parvient à modifier les choses si elles ne lui plaisent pas. La fumée s'épaississait. Elle s'épaississait avec outrance.

Ce plaisir démesuré qu'elle avait à fumer. Tout était fait pour provoquer. Tout était fait dans la déraison. Voilà bien un trait que Warren était forcé de reconnaître à cette copie mal imitée. Il y avait de temps à autre un certain air de famille entre les deux Eléa, et ce plaisir immodéré pour le tabac en faisait partie. Pourquoi faut-il que tu sois toujours dans l'exagération ? Eléa était complexe, c'était peut-être pour cette raison qu'elle ne faisait rien dans la sobriété. Allez savoir pourquoi l'Eléa faible dont il avait extrait un certain charme devenait maintenant l'Eléa récurrente qui le dégoutait presque. Tout comme elle faisait dans l'exagération, il semblait que le Lord ne puisse faire sans unifier les personnes. Comme contraint de les dévisager, de les examiner dès qu'il les voyait, ou revoyait. Qu'importe. Aussi loin qu'il s'en souvienne, cette manie l'avait toujours agacé, ou si ce n'est agacé, était incomprise de lui.

Un dernier nuage grisâtre et troublant s'éleva dans les airs avant de disparaitre faiblement. Agréablement surpris peut-être, Warren vit 'la faible' s'animer, pour marcher vers lui. Faible, peut-être pas. Avait-elle retrouvé sa détermination d'antan ? Le démon s'était-il enfui lâchement face à la fureur de la vampire, ou n'était-ce qu'un simple voile accroché à son apparence pour tromper les sains d'esprit ? Oui, agréablement surpris, non pas de voir que la vraie revenait petit à petit, mais plutôt en constatant qu'il aurait peut-être la chance d'avoir deux cigarettes restantes pour la soirée. Peut-être, ou peut-être pas. La Princesse était enfin arrivée, aussi fièrement que Warren lorsqu'il s'était approché du rosier, il tenait d'ailleurs toujours la fleur prisonnière de sa main. Une seule différence animait pourtant cette comparaison. Le Lord était au moins plus grand que le rosier. Car oui, la différence de taille était notable. Elle qui était plus âgée que lui, les quatre-vingt-cinq misérables années qui les séparaient auraient pu être inversées à cause de cela. De cette tête et demie de plus.

La voix d'Eléa résonna de nouveau, brisant le silence installé derechef... Le ton employé sonnait tellement faux. Eléa ne se souciait pas de l'état des autres. Elle ne se souciait que d'elle, c'était bien connu, alors pourquoi ce soir irait-elle lui demander comment il se portait ? Simple politesse sans doute. Politesse dont le vampire se moquait éperdument, cela ne l'intéressait pas, en rien. Il n'y voyait aucun intérêt, et pourtant, se sentait contraint de répondre. Non pas par politesse à son tour, plutôt par obligation. En effet, s'il restait encore muet face à cela, la petite enfant gâtée fulminerait sans doute. Loin de lui déplaire, cette idée le charmait presque, mais il savait que si, dans la soirée, par hasard, il avait une question à lui poser, elle s'abstiendrait bien de lui répondre en guise de vengeance personnelle. D'un autre côté, il n'était même pas certain d'obtenir une réponse, quand bien même il lui aurait répondu au préalable.

Ô Eléa, tu es grande comédienne. Ce détail aussi, demeurait dans ses souvenirs. Eléa savait faire fi de ce qu'elle pouvait ressentir sur le moment pour changer soudainement d'attitude. Encore une fois, le jeu qu'elle pouvait se donner le dégoûtait presque. Finalement, il venait de voir une Eléa inconnue qu'il considérait comme une copie et qu'il comparait à celle de ses souvenirs... Mais l'une des deux était-elle seulement la vraie ? A force de changer d'apparence on en arrive à ne plus savoir qui on est. Pauvre petite Eléa. Princesse, certes, mais sans doute malheureuse.
Alors qu'il n'avait de cesse de la fixer, la belle mit le paquet de cigarettes dans la poche de sa chemise avant de faire glisser ses doigts sur le torse du Lord. Ainsi donc, tu voulais jouer ? Lorsque les doigts de la Lady se heurtèrent à la boucle de sa ceinture, la belle releva les yeux vers Warren.

Je crois que tu es capable autant que moi d'ouvrir une ceinture, si c'est ce que tu souhaites, alors ne comptes pas sur moi pour le faire. Aussi doux soit ce regard, celui de Warren -une fois baissé- s'attarda sur autre chose. S'il est des choses qu'il a oublié volontairement ou non, il en est une qui est restée malgré lui. Cette manie récurrente qu'elle avait de se mordre la lèvre... Le vampire plissa légèrement les yeux avant de redresser la tête, fixant la porte du sanctuaire. Après un instant à observer le marbre blanc, fantomatique, de la bâtisse, le vampire pivota excessivement lentement la tête vers le bas, voyant de nouveau Eléa. Un sourire faussement joyeux se dessina sur le visage du Lord, après quoi sa voix suave se décida enfin à se faire entendre.

" Bien. Et toi ? "

Il n'était pas difficile pour Warren de se montrer désagréable, c'était presque désobligeant la facilité qu'il avait à faire cela d'ailleurs, peut-être simplement parce que c'était naturel chez lui. En dépit de ce sourire hypocrite, la froideur de sa voix et la nonchalance de son être entier prenait de loin le dessus. Ceci, il le savait pertinemment, mais il s'en moquait délibérément. S'il doit s'entêter à paraitre agréable et chaleureux même en apparence, autant louer les services d'un acteur. Ainsi donc, tendre cousine... Tu voulais jouer... Amusant. Avec un minimum d'imagination, par rapport à Warren, Eléa était presque une enfant, non pas par son esprit, juste par la taille. Un léger sourire moqueur se dessina aux lèvres du vampire alors que sa main lâchait les restes de la fleur, se levant ensuite lentement au niveau de la poche de sa chemise. Plutôt que de se saisir immédiatement du morceau de carton, cette même main se contenta de se dresser à l'horizontale, juste au-dessus de la tête d'Eléa, mais en projetant cette même image sur le torse du Lord. Une enfant. Un ricanement à peine audible, après quoi, la main reprit son action première, récupérant le paquet de cigarettes pour le glisser dans sa poche de pantalon. Loin d'être maniaque, Warren souhaitait surtout que sa chemise ne soit pas déformée.

Aussi énervante puisses-tu être parfois, tu n'en demeures pas moins magique. En un simple regard tu parviens à réveiller les autres. Ou en tout cas, à me réveiller. Je n'avais pas envie de jouer en ce soir, tu m'as finalement fait changer d'avis...
Le Lord amena délicatement un doigt sous le menton de sa cousine, lui faisant redresser légèrement la tête. On ne pouvait pas dire qu'il n'était pas tenté, mais peut-être voulait-il simplement accélérer sa descente aux Enfers, d'une certaine façon. Brièvement, les lèvres de Warren allèrent frôler celles de sa cousine. Autorisé ou non, il en avait prit la décision, après quoi il s'était redressé, aussi impassible et lointain qu'à son habitude.
Toi qui me tends un piège ouvertement, je tombe délibérément dedans sans chercher à me débattre.
Toi, Eléa, belle Mante Religieuse, ce soir au moins, j'accepte de jouer avec toi, en échange de quoi peut-être, me trancheras-tu la tête et mettras ainsi fin à mes tourments.
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Lady Eléa Krory
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MessageSujet: Re: Mielleuse profanation [Eléa]   Mer 2 Sep - 16:56

    Ce n'était plus une envie, tout cela déroutai en direction du besoin. Le besoin le plus primaire ou bestial selon les personnes. Enfin quoi qu'il en soit, elle en veut. Je te désirerais presque Warren.
    Combien de fois quelqu'un peut, seul, regarder le soleil se lever? Seule, oui Eléa est seule. Sa supposée grandeur l'a écartée du monde, d'une façon qu'elle n'avait pas réellement envisagée. Mais de se détachement elle a su tirer quelques avantages. Désormais, elle ne collectionne plus les conquêtes ou coups d'un soir. Maintenant, elle les entreposes. A quoi bon s'enquiquiner avec une relation qui a quelque sorte d'avenir, alors qu'être libre et sans attache donne un sentiment de sécurité à ceux qui ne souhaitent pas s'engager. Eléa se pose cette question maintenant. Continuer seule ou trouver un compagnon de voyage ? Mais ce soir, tout semble annoncer que ce Warren ne sera qu'un coup d'un soir. Les rayons de la lune transperçaient timidement le rideau de ténèbres. Cette nuit s'annonçait prometteuse. Très prometteuse.

    Menteur tu n'es que menteur. Et bien piètre comédien.
    Eléa leva les yeux au ciel. Oh oui, elle avait l'habitude d'entendre des voix trembler par peur de médire, qui se veulent calme et audibles alors qu'au fond une panique se ressent toujours. Voir de faux sourires s'étirer sur les lèvres de tous à son passage. Mais qu'a t-elle fait pour que personne n'agisse ou ne lui parle sincèrement? Offrir au monde une Eléa faussement sincère justement. Oui, elle est fausse, il en va de soi. Emprisonnée dans un rôle qu'elle s'est elle-même imposée, la belle s'est prise au piège. Mais pour elle, tout ceci est tellement drôle. Jouer la comédie est probablement la seule chose qui puisse la faire tenir. La véritable Eléa n'est pas celle que vous voyez évoluer ici. Tout ceci n'est qu'une pièce habilement montée par sa personne, qui n'a que pour seul acteur son auteur. Ce serai tellement vaniteux de dire qu'elle s'en sort bien parce qu'elle est désormais trop proche de son personnage pour s'en détacher alors donc, Eléa s'est perdue seule, et comme une grande.

    Sa main toujours posée sur la ceinture, son regard se reporta sur Warren qui avait incroyablement fait l'effort d'offrir son plus faux sourire. L'aînée en serait presque flattée, si seulement le sentiment qu'elle ressentait en ce moment était autre que la déception. Tu aurai franchement pu mieux faire. Je le sais, nous le savons tous. Oh et oui Warren, Eléa te l'accorde. Le truc de la lèvre, n'est pas vraiment inconscient. C'est plus marrant de faire croire que nous ne faisons pas exprès, que le cerveau analyse et contraint le corps d'agir sans que nous en soyons conscient. Mais il est difficile de croire qu'Eléa puisse laisser filer son inconscient, elle qui tient son image d'une main de fer. Fatalement, quelque chose attira son attention la main de son cousin bougeait. Ô miracle, il n'est pas figé. Mais ce qui venait ensuite n'allait sûrement pas lui plaire. La main qui, aurait normalement du récupérer le paquet de cigarette si gentiment glissé dans la poche de la chemise, avait pris un bien mauvais détour. Eléa n'est évidemment pas complexée par sa taille, la Lady n'aime simplement pas qu'on la lui rappelle. Surtout que ce soir, elle se promène nu pied.

    Un bref regard assassin se posa sur le visage de Warren qui semblait satisfait de lui. Il n'y avait franchement pas de quoi. Demander la taille d'Eléa est comme demander l'age d'une femme. Ce n'est pas correct. Donc Non elle n'avait pas rêvé, son cousin l'avait mesurée. Warren, Warren Warren... Dans quel pétrin t'es-tu encore fourré ? La coupe des souffrances n'a pas la même taille pour tout le monde. Et bien visiblement celle de son cher Warren n'a pas finit de s'agrandir. Comme on dit : Un donné pour un rendu, Eléa changea ces plans pour ce soir, elle avait donc décidé, de quitter ce château de malheur pour le trainer dans un endroit où il n'aurait pas droit à l'erreur. Oh oui Warren, espérons que tu sera à la hauteur.

    Il se saisit de son menton, mais la belle resta de marbre. Les yeux de l'Ainée étaient rivés sur les petites croix qui se trouvaient sur le front de son cousin, se demandant quand il avait bien pu les y tatouer, et surtout, en quel honneur. Il approchait son visage du sien, tendis qu'Eléa leva le sourcil elle ne bougea pas, se contentant de le laisser se prendre seul au piège, tel la mouche dans le miel. La Lady ne put retenir un bref ricanement à l'image du grand et frigide Warren tomber dans ses filets. Mais nous pourrons alors dire que de toutes façons son cousin n'est pas du genre à se plaindre. Il n'est qu'un pauvre Vampire soumis au monde. C'est pathétique même. Il pourrait faire de si grandes choses avec Elle. Rapidement elle lui saisit le bras pour l'inciter à la suivre, le tirant presque par le poignet, comme un maitre tirerais sur la laisse du chien pour qu'il reste à ses pieds. Elle décida de couper par les cuisines donnant sur les jardins pour accéder plus rapidement à ses appartements qu'elle n'avait pas vu depuis des lustres. Ce soir Eléa ne jouera pas directement avec non, la Lady a décidé de jouer avec lui.

    Et son corps.



[Suite - Appartements d'Eléa Krory]
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MessageSujet: Re: Mielleuse profanation [Eléa]   Aujourd'hui à 1:22

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